moi gare aux diplomes

Chloé Lefebvre ne s’est jamais limitée à l’usage d’un seul médium, comme le démontre son travail qui réunit objets sculpturaux, installation, photographie et vidéo. Empreinte de poésie et de ludisme, son approche artistique rend compte d’un ensemble de réflexions sur le quotidien. Elle détient une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal. Elle est membre de la Galerie Clark où elle a siégé sur le conseil d’administration de 2008 à 2014.

Sa sensibilité artistique oscille entre les désirs de la prime jeunesse et les désenchantements des adultes. Sa pratique tente de suggérer cette tension avec humour, par le détournement ironique des objets de l’enfance vers une lucidité mordante. C’est avec un ton aigre-doux empreint d’humeur qu’elle compose des ensembles hybrides ou des situations insolites qui se manifestent dans une mise en espace d’assemblages sculpturaux et d’images photographiques. Son travail comporte à la fois une part de candeur affectée et une part d’ironie. Il souligne un ensemble de contradictions où des formes normalement rassurantes sont mises à l’épreuve par un traitement qui les teinte d’inquiétude. L’humour dépeint les imperfections de la réalité et les déceptions du quotidien de manière amusante, en permettant à l’esprit de vaincre sa tendance au fatalisme. De l’iconographie festive aux jouets, plusieurs motifs populaires ou éléments empruntés au quotidien suggèrent des oppositions qu’elle tente de tempérer en cultivant l’ambivalence, le travestissement et la métaphore. Entre la gravité du vide existentiel et le dérisoire des petites choses, elle caresse l’idée qu’elle est une fée qui sait tour à tour transfigurer la banalité en lui donnant, comme par enchantement, un éclat inaccoutumé.


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